Boyhood / Richard Linklater


BOYHOOD. 2H43. 2014





















Avec Patricia Arquette (Olivia), Ethan Hawke (Mason Senior), Ellar Coltrane (Mason Junior), Lorelei Linklater (Samantha), Zoe Graham (Sheena). (23/07/2014).

Citations tirées du film Boyhood de Richard Linklater.

Film unique en son genre, Boyhood est un film remarquable, qui a fait le tour du monde et a reçu 6 Prix en 2014, dont l'Ours d'Argent au Festival International de Berlin pour le meilleur réalisateur.

Et le moins que l'on puisse dire c'est que Richard Linklater a largement mérité et dépassé les réalisateurs de l'année par ce projet original et si bluffant.

L'idée de départ du film a été de suivre une famille pendant douze ans, en filmant 4 acteurs sur le long court, mûrir et nourrir le film par leurs évolutions personnelles.

La famille est composée de la mère, jouée par une remarquable Patricia Arquette, qui a accepté ce rôle si original tout de suite, quand Richard Linklater lui a proposé, même si la condition pas ordinaire était de devoir s'engager durant douze ans. Elle incarne le rôle d'Olivia, mère qui se séparera du père de ses enfants, qu'elle juge trop immature et irresponsable. Elle tombera par la suite amoureuse de deux hommes si rigides et violents, qu'elle s'occupera seule de ses enfants.

Le père, joué par Ethan Hawke, est comme un bon vin, il vieillit bien. Au début de l'histoire, il campe un jeune homme tout à fait immature, qui n'assume pas sa paternité, et ses responsabilités. Mais le temps, et les douze ans que nous passons à le voir évoluer le rend le plus aimant des pères, et le plus équilibré, investi et attentif à ses enfants. Séparé de sa famille, il devient le père le plus présent, chaleureux, attentionné. Et la relation qu'il entretient avec ses enfants à chaque fois qu'il en a la garde est si complice, qu'il semble que la séparation n'a jamais eu lieu. Le père, au même titre que la mère ont une relation fusionnelle, bienveillante avec leurs enfants, qui rentreront dans l'âge adulte avec des valeurs sûres et une magnifique confiance en eux.

Le frère et la sœur sont attachants, et fidèles à toutes les fratries. Ils se chamaillent enfants, et ont une profonde affection l'un pour l'autre. La propre fille de Richard Linklater (Lorelei Linklater) a tenu à jouer elle même Samantha. (Pour une scène où elle ne voulait pas s'habiller comme son père le souhaitait, elle lui demanda s'il pouvait faire mourir son personnage).

Le jeune acteur qui joue Mason, Ellar Coltrane, est une belle révélation. Tout au long du film, qui va de sa petite enfance à ses seize ans, ce gosse dégage quelque chose de spécial, fait d'indépendance, en ne prenant pas les chemins tout tracés, mais en cherchant perpétuellement la route qui sera la sienne.
Il s'oriente vers la photographie, quand son père était musicien.

Ce film est un miracle de l'année 2014. Cette famille, nous la suivons, avec ses hauts et ses bas, ses difficultés et ses doutes, sur une décennie, de manière tout à fait inédite.

Magnifique cette aventure de voir grandir les enfants, et vieillir les parents, sans maquillage ni doublure, mais en prenant le temps de rendre les personnalités et les époques dans leur vérité sans trucage, mais par seul montage.

Ce film est bouleversant d'originalité, de patience, de constance. Et les sentiments que les personnages se portent, qui semblent se consolider dans la durée, malgré les séparations ou le temps qui passe est extrêmement émouvant.

Boyhood transporte pendant près de 3h le spectateur dans une famille de très belles personnalités, attachants, passionnés, investis, qui se sont donnés au réalisateur durant des années, pour défendre une relation familiale, fraternelle et filiale peu commune, enthousiasmante, solaire.

Il faut voir cet admirable film en version originale pour ne pas en perdre une miette.
Le doublage en français fait malheureusement perdre les nuances des dialogues choisis par Linklater, et qui font preuve dans la traduction de manque de finesse. Il est donc dommage de perdre la qualité du travail par une version dégradée.

On goûte à Boyhood, et en en redemande. Ce film est génial.
Il a été (et reste pour toujours) un vrai coup de cœur pour moi, et provoque une profonde admiration pour Richard Linklater, et ce projet si original et marquant.

(c) Véronique Meynier, le 27/07/2015


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